« Derrière les lampions, quarante-huit heures d'une solidarité d'acier »
Par Antoine M., bénévole au pôle montage & régie plateau
Il est six heures du matin lorsque le premier camion de la mairie fait marche arrière sur la place de l'Église. L'air est encore frais, chargé de la rosée matinale de la vallée de l'Andelot. Autour d'un café fumant offert par la boulangerie voisine, huit d'entre nous déchargent les madriers de pin, les barrières de police et les lourdes fly-cases de câblage.
Dans notre village, il n'y a pas de prestataires extérieurs rémunérés à prix d'or : chaque prise de courant, chaque cale sous la scène mobile a été vérifiée par des mains bénévoles. La responsabilité est immense, car nous accueillons des familles avec de jeunes enfants et des aînés marchant avec une canne. Il ne doit y avoir ni fil qui traîne, ni faux-niveau.
Lorsque le soir tombe et que les projecteurs ambrés illuminent les rires de trois cents personnes attablées devant le repas villageois, la fatigue s'évapore. On réalise alors la portée concrète de notre engagement d'utilité publique : nous ne faisons pas que poser des planches, nous réchauffons le cœur de notre commune.